12/02/2011AnnonceCherche gribouilleur qui a une heure à tuer. Meurci ! 12/01/201105/01/2011Willywalt Awards 2010Voici les récompenses partiales accordées par un jury composé d’un seul membre-président, moi.
CINEMA et 7ème ART
Meilleur film : Inception, Christopher Nolan
Meilleur réalisateur : Gregg Araki pour Kaboom
Meilleure série : Glee
Meilleur film d’animation : Toy Story 3
Meilleure musique de film : Hans Zimmer pour Inception
Meilleure actrice : Yoon Jung-hee dans Poetry
Meilleur acteur : Colin Firth dans A single man
Meilleur actrice dans un second rôle : Juno Temple dans Kaboom
Meilleur acteur dans un second rôle : John Malkovitch dans RED
Espoir féminin : Gemma Arterton dans Tamara Drew
Espoir masculin : Jesse Einsenberg dans The Social Network
Meilleur acteur dans un biopic : Eric Elmosnino pour Gainsbourg, vie héroïque
Meilleurs costumes : Alice au Pays des Merveilles, Tim Burton
Meilleurs effets spéciaux : Lovely Bones, Peter Jackson
Meilleur faire-valoir masculin : Alex O'Loughlin dans Le plan B
Meilleur faire-valoir féminin : Cynthia Nixon dans Sex and the City 2
Meilleur acteur dans un rôle d’âne mort : Daniel Radcliff dans Harry Potter 7
Meilleure actrice dans un rôle de cheval dépressif : Sarah Jessica Parker dans Sex and the City 2
Meilleur animal dans un rôle anthropomorphique : Maximus dans Raiponce
Meilleure actrice dans un rôle de méchante : Kristin Scott Thomas dans Crime d’amour ex æquo avec Jane Lynch dans Glee.
Meilleur actrice dans un rôle de pâté aux pommes de terre : Kristen Stewart dans Twilight
Meilleure réplique dans un scénario : « Je préfèrerais rentrer chez moi et péter dans une boîte à chaussures. » Tina Fey dans Crazy Night
MUSIQUE et ACTUALITES MUSICALES
Artiste féminine de l’année : M.I.A.
Artiste masculin de l’année : Ray Lamontagne ex-aequo avec Sufjan Stevens
Groupe de l’année : Yeasayer
Espoir féminin : Janelle Monáe
Espoir masculin : This is the hello monster !
Meilleur atterrissage de biscotte pourtant mal lancée : MGMT
Meilleur artiste ressemblant à une lesbienne : Justin Bieber
Meilleur placement de produits dans un clip : Telephone, Lady Gaga feat. Beyoncé
Meilleur mégalo dans un clip : Kanye West dans Power
Meilleure redite : David Bowie, Station to Station
Meilleure réplique live : « Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’aurais demandé à Cher de tenir mon sac en viande ! » – Lady Gaga lors des MTV Video Awards.
GOLDEN “POOP COOKIE”
Le « cookie au caca » est une invention du personnage Sue Sylvester dans Glee. Les récompenses qui portent ce nom sont donc attribuées aux artistes et événements culturels que nous avons détestés cette année.
Pire actrice : Marion Cottillard pour Inception et Les petits mouchoirs
Pire acteur : Kad Merad pour L’Italien
Pire réalisateur : M. Night Shyamalan pour Le dernier maître de l’air
Pire film : Le monde de Narnia 3
Pire film d’animation : Shrek 4
Pire musique de film : Alexandre Desplat pour Harry Potter 7
Pire artiste féminine : Ke$ha
Pire artiste masculin : Christophe Maé
Pire espoir féminin : Willow Smith
Pire espoir masculin : Arnaud Fleurant-Didier
Pire groupe : BB Brunes
Cookie spécial enrichi en pépites de caca :
Amélie Nothomb pour son dernier livre
Espoir de cookie spécial enrichi en pépites de caca :
Christine Angot pour son prochain livre
PRIX SPECIAUX
Prix spécial « artiste qu’on adore détester » : Mylène Farmer ex æquo avec Kanye West
Prix spécial « comment fait-elle pour tenir encore debout ? » : Courtney Love pour l’ensemble de son année 2010
Prix spécial antinomie : pour Burlesque, car il ne suffit pas de mettre deux contorsionnistes et un mime pour rendre « burlesque » un cabaret miteux.
Prix spécial de l’autodérision : Catherine Deneuve dans Potiche et Robert Downey Jr. dans Sherlock Holmes
Prix spécial du dérapage : Gérard Depardieu ex æquo avec Loana
Prix spécial de la prise de muscle exagérée : Jake Gyllenhall pour Prince of Persia
Prix spécial du « film surprise » : Kick-Ass
Prix spécial « bien revenu mais vite reparti » : Brandy Norwood avec Departed et Filip Nikolic pour l’ensemble de son œuvre
Prix spécial « Al Supergay » : Ricky Martin ex æquo avec Ryan Seacrest
Prix spécial « crypto-gay » : Sherlock Holmes de Guy Ritchie
Prix spécial de l’acteur qu’on a envie d’attacher au lit : Bradley Cooper
Prix spécial « Parti trop tôt » : Henryk Górecki ex æquo avec Leslie Nielsen
J*
13/03/2010Oh et au faitVous avez lu mon blog récemment ?
[www] 08/08/2009Message personnelKing, je rêve où je viens de t'apercevoir à la télé ? 18/05/2009Anges et Démons et merveilles. Ou pasMes lecteurs les plus anciens et les plus fidèles (c’est-à-dire principalement Mum, Jtf et Did***) se rappellent peut-être d’un ancien article dans lequel je tapais sur le premier volet du Monde de Narnia (c’est par ici : http://willywalt.spaces.live.com/blog/cns!D268D0CA51BD9D42!941.entry).
Que mes lecteurs passés et actuels se rassurent : s’ils pensaient avoir vu le plus mauvais film du monde avec Narnia (et sa suite), qu’ils aillent voir (ou plutôt, qu’ils le téléchargent illégalement) Anges et Démons, un chef-d’œuvre d’ironie et de soixante-douzième degré.
C’est donc possible : le plus mauvais film de la Création existe. A la fin on ne sait toujours pas si Dieu existe mais, si c’est le cas, Il doit avoir sacrément les boules qu’on fasse des guignolades comme ça dans Sa maison (certes, reconstituée en image de synthèses, faute d’accord de la part du Vatican pour tourner sur place – sans blague, je sais pas vous, mais moi j’imagine mal Papa Ratzinger autoriser une scène d’immolation dans la crypte de Saint Pierre de Rome). A moins, bien sûr, qu’il ne s’agisse d’une blague cosmique qui ne fasse rire que Lui (cf. le propos du Père Maxi dans South Park, « Dieu a un sens de l’humour bizarre »).
Que le film soit mauvais, soit. Après tout, on pouvait s’y attendre après la pantalonnade que fut Da Vinci Code. Que Tom Hanks ait renoncé à jouer convenablement depuis Philadelphia et le sur mesure Forrest Gump, passe encore (je mets de côté La guerre selon Charlie Wilson où sa performance était rehaussée par celle, conjointe, d’Amy Adams et Philip Seymour Hoffman). Que Dan Brown jouisse d’un succès populaire, j’admets péniblement (ce qui va devoir m’obliger à augmenter le nombre d’admissions dans mon top 10 des gens-qui-vendent-des-livres-sans-faire-profession-d’écrivain, où l’on retrouve Christine Angot, ou encore Marc Lévy).
MAIS QUE
sous couvert de modestes contributions culturelles et références scientifiques, le romancier l’auteur le bandit scribouillard tienne pour acquises des prémisses de commencement d’hypothèses, affirme pour sûres des théories qui ne sont pas passées au crible de l’expériences ;
QU’EN OUTRE
il se sente obligé de verser dans la plus navrante invention (ouuuh la vilaine conspiration antipapale ! Allez, la science contre la religion, paf, on déterre Copernic et Galilée) pour pallier à son manque de crédibilité tant en matière d’historien des religions que d’aspirant physicien (« oh oui tiens je vais parler du collisionneur du CERN, ça va faire bien » ; « antimatière ça claque comme mot ! ») ou d’historien de l’art (« Bernin et Raphaël, j’aime bien, m’en vais te les coller à toutes les sauces ») ;
QU’AU DEMEURANT
il verse dans la plus abêtissante, la plus ahurissante simplification de deux millénaires de christianisme pour prêter ensuite un vague propos d’intellectuel à son héros, Langdon, qui n’est au final – et j’aimerais que ce soit bien clair – qu’un gros con borné ;
Là, je dis non. Et même, je m’offusque.
Ce film ne fait pas que véhiculer des idées incorrectes, il diffuse également des informations fausses.
Non, on ne peut pas stocker pendant des heures des ptits bouts d’antimatière dans un thermos sur batterie : les antiatomes n’existent que l'espace d’environ 40 millionièmes de seconde, parcourant, dans le LEAR – la machine qui existant avant le LHC et qui a été la première à permettre la collision des antiprotons avec des atomes d’un élément lourd – une dizaine de mètres à une vitesse proche de celle de la lumière avant de s'annihiler au contact de la matière ordinaire. (A ce propos, Mickael, je m’excuse au sujet de l’information que je te donnai sur la vitesse de la lumière à la possibilité d’atteindre sa vitesse. Je te repréciserai ce que je voulais dire – non non, j’avais pas tord, me suis mal expliqué.)
Non, Bernini n’était pas le grand chambellan ou le premier ministre ou que sais-je encore des Illuminati. Pas plus que Galilée, donc. Ils avaient probablement d’autres choses à faire. Pourquoi faut-il toujours que Dan Brown adhère à des idées de sociétés secrètes, de conspirations, de fin du monde pour étayer ses dommageables idées ?
Non, Jean-Paul II n’est pas un pape qui a uni la science a la religion. Le premier a avoir tenté, c’est Pie XII qui, en 51, devant l’Académie pontificale des sciences, tente de faire concorder les avancées cosmologiques de l’époque (Big bang et tout ce qui s’ensuit) avec le fiat lux initial ; mais suite à une conversation avec l’abbé-physicien Georges Lemaître, il se retracte un an plus tard devant l’Union astronomique internationale.
Et ainsi de suite, j’en passe, notamment sur ce que le film donne à voir de Rome. La consternation qui m’habite au moment où j’écris ces lignes n’a d’égale que ma beauté – spectaculaire, donc.
J*
Le conseil lecture de Tonton Malldwight sur les sujets évoqués :
« Le big bang ; révélations sur l’origine de l'Univers » – Les Dossiers de la Recherche, trimestriel, mai 2009, n°35 (6€).
Bonnefoy (Y.), Rome, 1630, Paris, Flammarion (coll. Champs), 2001.
Klein (Y.), Les secrets de la matière racontés en famille, Paris, Plon, 2008.
10/05/2009Le chant de Belinda
Belinda, je sens venir la mort ; et le froid
Je le sens, embaume peu à peu mon trépas.
Il est parti. Et tandis que le jour naissait
Toujours là, allongée, j’ai recompté mes plaies ;
Une à une les plaies du cœur, les déchirures
Et chaque instant mouillé de pleurs, et de fêlures.
Le soleil, en étirant ses rayons, chauffait
Mon corps endolori, meurtri et imparfait.
Au midi dépassé, j’avais cru me mouvoir,
J’ai longuement peiné – j’ai vu venir le soir.
Belinda j’ai faim, soif ; oui, je me fais mourir.
Mes pensées divaguant, mêlées de souvenirs,
Au plus profond de moi, me ravagent les chairs,
Rendant sombre ce qui jusque-là était clair ;
La blessure immobile envahissant mon âme :
Les sentiments diffus, parmi ceux que l’on clame,
Qui font que l’on déteste et que parfois l’on aime
La tempête amassée des vents qu’un jour l’on sème.
Vois, la Lune a blanchi. Et j’attendais alors,
Porté vers son pays, qu’on m’apporte son corps.
Au moment de passer sur un autre rivage,
Exsangue et harassé, dans un autre sillage,
Qu’il voie s’ouvrir le ciel, le soleil exploser :
Et dans le noir lointain d’un nuage irisé
Qu’il ne voie plus que moi, les peines qui m’affligent
Qu’il imagine au loin mon tombeau qui s’érige.
Non, Belinda, je n’en puis plus, et j’ai menti :
Je ne le veux pas mort, tout au plus étourdi
Je veux, quand vient le soir, que sa conscience veille
Que dans son désespoir il hurle et se réveille :
« Est-ce toi, le cœur sanguinolent, l’âme noire,
Que j’entrevois déchirer le présent ? Que croire ?
Je t’ai assassinée, j’ai souillé ton image,
J’ai maudis ton prénom, craché sur ton visage !
Reviens-tu me chercher, m’emporter dans le feu ?
Me désarticuler et m’arracher les yeux ?
Cent fois j’ai crains, j’ai vu, pressenti cet instant
Au lendemain déçu de mon premier serment. »
Tu fais bien d’avoir peur, ô merveilleux Enée
Tu n’as que trop bien vu dans quoi tu m’as traînée.
C’est bien de mes mains nues que j’ai bâti Carthage
Mais c’est par ton épée que j’en lave l’outrage ;
Je suis née Elissa, mais tu trahis Didon
Tu aurais pu m’aimer, tu choisis l’abandon.
Il n’est de libation où coulera mon sang,
Car je meurs dans ma couche aux couleurs de safran.
Belinda, que l’on m’apporte l’épée fatale
Qu’il a ici laissée, la faisant mon égale ;
Qu’en traversant mon cœur enfin se réunissent
Mon sort et son destin – Que dans l’histoire ils bruissent.
J*
08/04/2009Femme enceinteIl y a un temps pour tout et, chers lecteurs, je le dis très solennellement, il est temps de dire du mal de Renan Luce – car non, malgré le titre de cet article, je ne vais pas parler de ma sœur qui attend une événement (dont l’heur est discutable, selon les points de vue), ni de mes brusques envies gastronomiques qui, en ce moment, passent invariablement du cassoulet aux écrevisses en passant par le steak tartare.
En réalité je ne vais pas critiquer Renan Luce, mais seulement sa chanson La Lettre. Analyse de texte.
« J’ai reçu une lettre, il y a un mois peut-être / Arrivée par erreur, maladresse de facteur »
Pour avoir été brièvement facteur, je peux vous assurer qu’on ne fait pas de maladresse aussi énorme. Si la lettre est adressée à Renan Luce, elle va chez lui. Bien sûr si elle adressée à Renaud Lace ou Melle Luce Renard Vve Renan, il peut y avoir confusion. Mais passons. (Oooh, je sens que je vais avoir dans les commentaires des gens qui vont se plaindre des services postaux…)
« Aspergée de parfum, rouge à lèvres carmin / J’aurai dû cette lettre, ne pas l’ouvrir peut-être » Si, mais avec des gants. Quelqu’un qui répand sur une lettre du parfum et du maquillage y a sûrement collé ses miasmes, voire, de l’anthrax.
« Mais moi je suis un homme qui aime bien se genre de jeu veux bien qu’elle me nomme Alphonse ou Fred c’est comme elle veut… c’est comme elle veut »
Donc là on présume que le destinataire s’appelait Alphonse ou Fred. L’expéditrice est donc soit gérontophile, soit lesbienne. J’ai connu deux filles qui s’appelaient Frédérique. La première était un genre de poupée de porcelaine avec d’immenses yeux bleus et des petites dents blanches. Elle détestait son prénom et refusait qu’on la surnomme Fred. La seconde me donnait l’impression d’avoir pour passe-temps la découpe bouchère d’animaux morts ou la maçonnerie. Elle avait les cheveux courts, portait des chemises à carreaux et préféraient qu’on l’appelle Fred.
Mais bref.
« Des jolies marguerites, sur le haut de ces i / Des courbes manuscrites, comme dans les abbayes »
Encore un qui a trop vu Le nom de la Rose et qui nous pond une synecdoque référentielle pars pro toto (que les profs de Français qui me lisent corrigent si je me trompe de figure de style). Puisque des courbes manuscrites, n’importe qui qui sait écrire à la main en fait. Plus ou moins réussies, certes, et ce n’est pas de l’onciale ou de la caroline, mais enfin ce sont bien des courbes manuscrites. Au demeurant, additionnées de marguerites sur le point des i, voilà qui éloigne fortement la possibilité que l’auteur de la lettre ait dépassé quatorze ans d’âge mental.
« Quelques fautes d’orthographe, une légère dyslexie / Et en guise de paraphe ma petite blonde sexy »
Voilà qui confirme mon précédent propos sur l’âge mental ou réel de l’expéditrice. En clair : c’est une adolescente un rien stupide qui trouve trop cool de dessiner une barbie en bas de ses lettres pour s’identifier. « Tu te rappelles de moi ? Mais siii, la blonde avec les nichons tout serrés dans mon t-shirt rose ! »
« Et moi je suis un homme qui aime bien se genre de jeu n’aime pas les nonnes et j’en suis tombé amoureux … amoureux »
Ben ça tombe bien pour les nonnes, cette histoire. Un type qui s’entiche d’une souillon qu’il ne connaît que par une lettre mal écrite, vaut mieux passer au large, quitte à entrer dans les ordres.
« Elle écrit que dimanche elle sera sur la falaise /Où je l’ai prise par les hanches » Ben c’est un fortiche le gars. Soit ils ont fait de l’escalade ensemble ce qui paraît faisable, soit il lui a mis sa zizouille dans son frifri, ce qui est envisageable également – pas forcément évident au bord d’une falaise – soit les deux en même temps, ce qui doit être spécialement inconfortable.
« Et que dans l’hypothèse où je n’aurais pas le tact d’assumer mes ébats / Elle choisira l’impact trente mètres plus bas »
Donc là clairement il n’est plus question de sport en altitude, mais d’avoir planter le piolet au mauvais endroit. « Assumer les ébats » = s’expliquer longuement en se prenant la tête dans les mains, pleurer, se faire pardonner et, éventuellement, remettre le couvert.
D’où bien sûr la menace. On reconnaît l’intelligence d’une fille à la valeur de ses arguments. « Si tu me recoinces pas popaul et/ou ne m’épouse pas, je me tue ! » Oh, ouais, voilà qui est percutant !... …trente mètres plus bas, donc. C’est bizarre d’avoir choisi le mot impact, ça fait penser un alunissage, genre, un truc qui se pose sur un autre d’une façon précise, selon des calculs précis.
« Et moi je suis un homme qui aime bien ce genre d’enjeux ne veux pas qu’elle s’assomme car j’en suis tombé amoureux… amoureux »
Mon garçon si elle fait une chute de trente mètres, elle s’assomme pas. Elle éclate comme un fruit pourri.
« Grâce au cachet de la poste d’une ville sur la Manche / J’étais à l’avant poste au matin du dimanche »
Résumons-nous : il y a trois cents kilomètres de côte sur la Manche mais notre troubadour, grâce au cachet de la poste de la missive, sait exactement où aller, tant il est évident que la gourde a posté la lettre depuis son patelin. Soit.
« L’endroit était désert, il faudra être patient / Des blondes suicidaires il n’y en a pas cent »
Un dimanche matin sur une falaise bretonne, tu m’étonnes qu’il y ait personne ! à part ces beaux vieux qu’on voit dans les pubs de Pleine Vie promener leur labrador pour vanter les mérites des conventions obsèques ou pour des couches. Forcément tu cherches une blonde suicidaire et tu te retrouves avec Jane Fonda, pieds nus et un pull sur les épaules qui t’explique comment sa nouvelle crème hydratante a changé sa vie, ça te fait drôle.
« Et moi je suis un homme qui aime bien se genre d’enjeux veut battre Newton car je suis tombé amoureux…amoureux »
Le chanteur n’en peut plus de nous rappeler quelle carence affective le fait tomber amoureux d’une inconnue ! Mais bon c’est le principe d’un refrain. Quant à battre Newton, mauvaise cible ! C’est la gravitation, qu’il faut tenter de combattre – et là je dis bon courage, parce que l’attraction terrestre vaut pour tant pour ta blonde que pour Jane Fonda.
« Elle surplombait la Manche quand je l’ai reconnue » Bon ben oui on a bien compris maintenant que ça se passait sur la côte, hein. Et il l’a reconnue parce que ? Mhm ?... Oui, parce qu’elle est blonde ! Merci aux deux qui suivent au fond de la salle.
« J’ai saisi par la manche ma petite ingénue » – Apprécions la rime d’une richesse confondante : Manche/manche.
« Qui ne l’était pas tant au regard du profil / Qu’un un petit habitant lui faisait sous le nombril »
Aaaah, voilà ! Belle litote pour dire que « l’ingénue qui ne l’est pas tant » est en réalité une cochonne qui s’est faite torpiller sans bouclier antinucléaire !
Bon, ensuite, on pourra discuter l’argument anatomique ; parce que si elle est enceinte sous le nombril, attention à la descente d’organes ! Mais passons, passons, c’est une facilité poétique. (Du même ordre que qualifier d’ingénue une fille facile qui se fait coincer un grumeau dans la Béchamel un samedi soir dans les toilettes du Makumba à Paimpol.)
« Et moi je suis un homme qui aime bien se genre d’enjeux veut bien qu’il me nomme Papa s’il le veut… s’il le veut. »
En voilà un qui aura bien compris tout l’intérêt de la nouvelle loi sur le statut du beau-parent !
Ah, Renan ! Tant de bonté de perdra !
J*
25/01/2009dédicace : pour Kliban
Alors voilà, je vais pouvoir te rendre la partition... J'en suis venu à bout.
Et mes parents m'ont fait accordé mon piano pour Naaael !
J* 28/11/2008Mélange de genresParlons de choses légères et sérieuses.
Style et substance. Coton et cachemire. H&M et Bompard.
Premier sujet : le rapport de la commission parlementaire sur la justice des mineurs et une de ses propositions, la responsabilité pénale fixée à douze ans.
Rappelons brièvement que depuis qu’elle a été établie en 1945, l’ordonnance relative à « l’enfance délinquante » – formule désuète qui nous fait imaginer une répression spéciale du vol à l’étalage ou de l’inscription injurieuse sur le mur d’enceinte d’une école ; « parigots, têtes de veaux ! » – a subi un peu plus de quarante modifications, dont la dernière (et pas des moindres), autorise que certains mineurs de 16 à 18 ans soient jugés comme des adultes (cf. la loi d’août 2007 sur la récidive).
Je n’ai pas toutes les clés en main pour en parler de façon exhaustive, je vais donc rédiger au débotté. Dans un premier temps, l’âge de douze ans aurait été avancé par l’ONU – c’est ce que j’ai entendu à la radio de la bouche d’un pro. Les anti ne manqueront pas, j’espère, de chercher cette prétendue recommandation, et d’en dénoter le contexte afin de faire toute la lumière sur ce propos. J’ai pour ma part du mal à imaginer que l’ONU fasse ce genre de proposition d’une part et tente de désarmer des enfants-soldats pour les (re)scolariser d’autre part.
Car oui, c’est tout le propos de l’ordonnance de 45. Le texte affirme on ne peut plus clairement que si les enfants sont acteurs d’actes délictueux ou criminels envisagés par le droit pénal, ils sont soumis à une justice spécifique, basée sur un principe fondamental : la primauté de l’éducation sur la répression.
J’arrive donc au second temps de ce propos, et je me permettrai un parallèle. Pénaliser un enfant (j’entends, le soumettre aux mêmes exigences pénales qu’un adulte – nous parlons ici de responsabilité) revient à le priver des repères fondamentaux nécessaires à sa construction personnelle ; repères familiaux (s’ils existent), repères scolaires (heureusement obligatoires jusqu’à seize ans), repères psychologiques : le passage effectif de l’adolescence à l’âge adulte n’est pas aussi simple qu’une loi qui fixe la majorité à 18 ans. Il en va de même pour le passage de l’enfance à l’adolescence – car enfin, nous nous engageons sur une pente drôlement glissante : si l’on admet qu’un chauve est une personne qui n’a pas de cheveux, qu’en est-il des personnes qui ont, par exemple, une dizaines de cheveux ? Elles ne sont pas chauves stricto sensu, mais elles ne sont pas davantage chevelues. De la même façon, certains enfants sont plus à même de comprendre la nature de leurs actes – et d’en assumer la responsabilité – avant douze ans, tandis que d’autres, pour des raisons psychologiques, sociales, familiales (ou tout ce que vous voulez – simplement, des raisons propres à la personnalité de chacun) sont conscients un peu plus tard de leurs actes, de leurs portées. On a tous en tête des séries télé où des enquêteurs ou policiers sont confrontés à des très jeunes psychopathes terrifiants ; peut-être certains d’entre mes lecteurs ont lu La nuit des enfants-rois de B. Lenteric ; mais dans tous les cas, ces surdoués machiavéliques qui échafaudent des plans terribles, n’appartiennent-ils pas qu’à la fiction ?
Je ne dis pas que les enfants sont purs comme des petits zagneaux qui gambadent gentiment dans de vertes prairies – simplement, ne peut-on pas laisser à l’enfance le temps qu’il lui faut pour se dérouler pleinement, sans devoir déjà la plomber d’une menace pénale ? A douze ans ? Vous vous imaginez à douze ans devant un substitut du procureur pour vous entendre dire un rappel à la loi ? A un enfant on dit que ce qu’il a fait est « mal », et on tâche de lui expliquer pourquoi afin qu’il ne recommence pas – c’est tout le sens de l’ordonnance de 45. Devrons-nous, bientôt, devoir dire à des gamins que boxer ses petits camarades à la récré « c’est mal, en vertu de telle loi modifiée par tel décret ?... »
Voilà maintenant une petite diatribe pour répondre à la remarque complètement idiote d’une gribouilleuse de Métro, que je vais citer (les deux) : il s’agit donc de Talia Soghomonian, qui écrit qu’« à l’écoute de ce nouveau disque, un peu trop sage, on en viendrait presque à regretter la Britney qui se rasait la tête dans un salon de tatouage sous le regard ébahi des fans et des paparazzi. »
Donc, chère mademoiselle Soghomonian, je me permets plusieurs commentaires. D’abord Britney ne s’est pas rasé la tête chez un tatoueur, mais chez une coiffeuse, ce qui fait sens, vous le noterez. Je crois d’ailleurs que ladite coiffeuse avait refusé de le faire elle-même, mais avait tout de même récupéré les cheveux pour les vendre sur eBay. Ensuite, oui, Britney est allée chez le tatoueur. Et devinez ce qu’on fait chez le tatoueur ? Mhmm ? Oh pardon, je vais trop vite ?... Reprenons : coiffeur = se faire couper les cheveux. Ayé, on est bon ? Alors tatoueur = se faire tatouer. Donc oui, elle s’est fait tatoué le bas du ventre d’on ne sait quoi – et je n’ai pas peur de dire qu’on s’en tape – sous le regard non pas ébahi, mais avide, des paparazzis. Les fans, s’il y en avait, n’ont pas dû comprendre pourquoi tout le monde photographiait une chauve qui se fait raturer le minou.
Ensuite, petite madame, vous conviendrez qu’on ne regrette pas qu’une fille comme Britney, qui est il faut le reconnaître une aimable courge (à sa décharge, sa mère l’exploite depuis le plus jeune âge ; difficile d’être convenablement scolarisé dans ces cas-là), se soit un peu calmée. Je ne vois pas d’autre intérêt, sinon mercantile (et encore je parle de presse à scandale, puisque en termes de ventes, ses frasques n’ont pas aidé la chanteuse à vendre plus d’albums), que celui de revoir la jeune fille péter à nouveau les plombs. Je ne sais pas si vous avez vu ces images où la boulotte chauve défonce le rétro d’une voiture (celle d’un paparazzi, étonnamment) à coup de parapluie, mais personnellement, je trouve ça plus flippant que rigolo-lol.
Voilà pour l’introduction. Venons-en au fond : cet album sorti hier, ou aujourd’hui, ou demain, bref la date on s’en cogne, tout le monde l’a déjà écouté.
La première question qu’on est en mesure de se poser, c’est : pourquoi un album si près du précédent, qui était tout de même très convenable ? D’accord, Gimme more n’était pas une idée pour faire un single, mais Piece of me ou Toy Soldier étaient assurément destinés à faire un carton. Demi-succès pour Piece of me (dont le clip cependant nous montre un Britney toujours capable d’autodérision, au même titre que Paris Hilton dont je ne saurais que trop vous recommander le dernier chef-d’œuvre), succès d’estime pour Toy Soldier. Break the ice a donné lieu à un clip façon manga assez hermétique, ou une blonde court dans tous les sens pour finalement traverser un plafond de verre et atterrir au milieu d’une réception – dommage, car la chanson n’est pas mal, tout comme Freakshow, pourtant pas promue. Preuve s’il en est que le précédent album a été mal exploité, on retrouve sur le nouveau le Radar qui, peut-être, était destiné à faire un single. (Du coup quand « Metro recommande Unusual you, Womanizer et Radar », ça fait tarte. On se renseigne, Taliachou, avant d’écrire de la bouillabaisse dans un gratuit.)
On ne se trompe pas vraiment quand on peut lire, ici et là, qu’elle – du moins, son staff, qui assurément connaît son affaire – a repris quelques bribes de succès passés. Sans vouloir disséquer l’album, j’ai relevé malgré moi quelques occurrences que je vous laisserai le soin de vérifier… Et que je vous livre avec une vague critique généraliste, qui donnera peut-être des idées pour la critique musicale (n’ayons pas peur des mots) de Métro, dénommée je le rappelle Talia Soghomonian. Un petit copier-coller sympa pour Google : Talia Soghomonian.
Womanizer, déjà, reprend cette tonalité volontaire de vieux tubes ; Crazy ou Stronger, par exemple (alors que le clip mélange différents rôles interprétés dans d’autres clips ; la James Bond Girl de Toxic, la dominatrix de Crazy, la chaudasse de I love rock’n roll). Chanson efficace puisque je me suis levé ce matin en susurrant (avec quand même la voix virile du mec qui sort du lit) Boy don’t try to front ah I know just just what you are ah ah… Bref.
Voyons Circus, où elle demande let me see what you can do, qui rappelle le I wanna see what you can do exigé dans Slave for you. Ensuite le refrain I killed the Lights (Pure) The Lights (Satis) The Lights (Faction) / I kill the Lights (Lights) The Lights (Camera) The Lights (Action) dont les césures (ok, bien grand mot je l’avoue) rappelle les hachés multivocaux de Overprotected. Les thèmes (discursifs, pas musicaux) de Circus et Kill the lights rappellent bien sûr Lucky, What it’s like to be me, Piece of Me, et Kill the lights qui clôt – pour le moment – le storytelling « Britney et le reste du monde » : « Je suis riche et célèbre, bouhouhou mais tellement seule à l’intérieur » (Lucky) ; « c’est dur d’être une star donc me les brise pas, chéri » (What it’s like to be me) ; « T’en as pas marre de me voir dans Voici et Closer toutes les semaines ? Tu veux me bouffer en brochettes ? » (Piece of Me) ; « Ok, je reviens, mais c’est moi qui gère tout – Total control Queen » (Kill the lights). Queen (of Pop) d’ailleurs proclamée dès l’intro (par Danja, collaborateur de Timbaland), prête à détrôner Madonna ?... Vu le style, les poses et les allures qu’elle prend dans les premières images du clip Circus qui circulent déjà sous la forme d’un teasing de trente secondes, c’est de plus en plus certain. Après le duo In the Zone qui sonnait comme une « donation du vivant », le bisou mouillé qu’elles avaient échangé lors de je ne sais plus quelle cérémonie qui tendait à l’« inceste », complété par l’apparition de la demoiselle au Dodger Stadium le 6 novembre dernier, lors du show à L.A. de la Diva, qui tient lieu de « dernière réunion de famille » (avec Justin T., le fils homosexuel caché dans les coulisses prêt à entrer pour 4 minutes), Circus annonce le régicide… Ou la retraite. Maintenant queen, Britney relègue Madonna au rang de Queen Mum.
Circus demande, au même titre que In the Zone, que tout le monde la rejoigne pour faire dudit circus – où elle est, encore et toujours, la bête de foire ; celle que l’on a déjà croisée dans le très sautillant Freakshow – un dancefloor – où elle pourra se fondre dans la masse.
Shattered Glass (aucun rapport avec Philip) ressemble à la suite de Kill the light, comme un extended mix. La chanson en soi ne vaut pas grand chose. If you seek Amy (subtil jeu homophonique qui donne F-U-C-K-ME, jeu qu’auront bien sûr détecté les ex-utilisateurs d’ICQ) fait penser à une chanson de Rihanna (Disturbia pour l’intro, SOS pour les couplets).
L’album bien sûr charrie son lot de slows dégoulinants, où il n’est que question d’amour, de good-bye, de forever, de dream et de reality ; subtil mélange de bouhouhou et de hihihi ; le côté « je suis triste et mal aimée et seule » de Walk on by conclu par le « bon finalement ça va pas si mal, ptêt bien que j’ai un peu dramatisé et que l’avenir sera porteur » de When I found you.
Bref en deux mots, c’est un bon album, qui devrait s’accompagner d’une promo dévastatrice. Ceux des fans qui ont vu les photos du booklet apprécieront de voir notre chère Brittany sourire.
Juste pour le ranking, une dernière fois pour la route : Talia Soghomonian.
J* 09/11/2008Euh ?Je rêve où Roselyne Bachelot vient de dire "...les spams et les poppers..." au lieu de "pop-up" - pour parler de la pub sur internet ?!
Rhôôô le lapsus !! 05/11/2008Appel"Vous êtes dans la hotlist de 36 inscrits."
Dénoncez-vous ! 06/10/2008ConférenceJe donne jeudi prochain une conférence sobrement intitulée "Promenade à Rome".
A Moulins sur Allier (03), au Colisée (non, c'est pas une blague) Cours Anatole France, 15h.
Ce sera chouette, faut viendre.
J* 01/10/2008Le choix d'HerculeLe choix d’Hercule
J’emprunte ce titre à Haendel pour annoncer la couleur : je vais parler de choix. Je vais tenter, du moins.
J’ai vu hier soir La vie devant ses yeux (The life before her eyes) de Vadim Perelman, adaptation du roman de Laura Kasischke avec notamment Uma Thurman. Le film traite d’une tuerie dans un lycée survenue il y a quinze ans (« le pitch est d’actualité en plus, lulz », a constaté J~) et de ses implications dans le réel : le drame ressurgit dans la vie de l’héroïne sous forme de flashes.
Difficile d’en dire plus sans révéler le nœud de l’intrigue, nœud d’autant plus gordien qu’il porte tout à la fois sur les faits, la perception qu’on en a (nous spectateurs) et l’imagination des personnages du film – ou plus exactement, leur aptitude à restituer un souvenir, à le revivre, et partiellement, à le recréer. Au final je crois qu’il n’est pas très grave qu’on ne comprenne pas la fin du film – car oui, en discutant avec deux personnes en sortant du cinéma, il apparut que nous étudions tous trois dubitatifs, avec cependant chacun nos idées sur l’interprétation à envisager. Pourquoi nous n’avons pas d’indice sur la raison de la tuerie, sur ce qui passe dans la tête du tueur ? Aucune importance, nous avons vu Elephant et Bowling for Columbine ; et même si ces films recèlent chacun leur lot de stéréotypes et d’inexactitudes, ils nous permettent d’au moins entrevoir un malaise, une terreur, qui poussent certains êtres à se débarrasser de ce malaise en se débarrassant de ceux qui l’ont généré. (Bien sûr, que je grossis le trait. Je n’élève pas ça en théorie, je propose, c’est tout.)
C’est le premier choix : mourir ou tuer – mourir ou faire mourir ? Souvent (encore une fois, je synthétise) les auteurs de school rampages (pour employer la terminologie américaine) d’abord tuent, puis retournent leur arme contre eux. C’est notamment ce qui s’est passé en Finlande il y a quelques temps. Comme si l’acte de donner la mort devait être absous, « résolu », en périssant par la même voie, comme si à la mort qu’on donne ne devait jamais que succéder la mort qu’on prend, pour s’épargner la justice des autres hommes – celle des vivants – qui sont, pour l’une inopérante, pour les autres incapables de comprendre à moins de forcer, surinterpréter les mouvements d’une conscience.
Il est d’ailleurs beaucoup question de conscience dans ce film. Du moins son nom est souvent invoqué ma sa définition ne surgit jamais, et le réalisateur tâche d’en circonscrire les effets par quelques exemples, exemples pour le moins cruciaux : choisir de mourir, encore une fois, ou de laisser mourir, ou plutôt laisser tuer. Car le tueur demande aux deux filles, qui hurlent « ne nous tue pas ! », « je ne vais en tuer qu’une, mais laquelle ? » ; au moment qui suit l’une déclare « si tu ne devais en tuer qu’une, que ce soit moi ». Premier choix. Le second choix, qui échoit (hihi) à son amie, c’est donc : dois-je laisser mourir ou dois-je me proposer à sa place ? Car voilà la question : qu’est-ce qui fait qu’à un moment, une conscience décide que c’est pour elle le moment de mourir, de tout abandonner ?... Je me rappelle un jour de MP qui s’était extasiée devant une émission de divertissement : « Bilitis, Bilitis !Quand on a écouté ça, on peut mourir. » (Ce que Bilitis vient faire là-dedans, j’en sais fichtre rien, mais ce furent ses mots. Elle se fit sévèrement remonter les bretelles par mon oncle qui se trouvait là, pas tant à cause de la phrase mais plutôt sur le choix de « ce qu’il faut écouter avant de mourir » – ce devait être un braillard quelconque qui s’époumonait sur des vocalises sirupeuses.) Des livres sortent, maintenant, et ont pour titre Les mille films qu’il faut voir avant de mourir, 500 œuvres d’art à connaître, ce genre d’intitulés. (Je connais des cinéphiles et des étudiants en histoire de l’art qui peuvent déjà se trancher les veines dans une baignoire.)
Bref.
Je repose la question : à quel moment peut-on considérer qu’on est libre de mourir (suicide), ou qu’on est disponible pour mourir (proposition de meurtre, comme dans le film) ?
Pour ma part, envisager le suicide reviendrait à constater que je ne suis plus capable d’apprendre, ou que j’en ai assez appris ; ou encore, que j’ai définitivement perdu face au temps et que je ne supporte plus ses excès ; ou pire, que j’ai cédé face à moi-même. Assurément, je préfèrerais mourir avant de voir mourir ceux que j’aime ; le deuil est à proprement parler un poids. Est-ce le raisonnement de la fille dans le film ? « Je décide de mourir maintenant, tant que j’en ai le choix, parce que je ne supporterai pas de voir mourir mon amie – et surtout, d’avoir sur la conscience sa mort, au moment où j’ai eu le choix ? »
On pose parfois la question : que voudriez-vous avant de mourir ? Les réponses varient somme toute assez peu. Réfléchissez deux minutes, et vous verrez que votre réponse portera soit sur le sexe, soit sur la nourriture : « me taper un cassoulet / une forêt noire énorme », « coucher une dernière fois avec cet(te) ex au corps magnifique / que j’ai tant aimé(e) ». Il y a aussi « nager avec des dauphins », « voir Madonna / Philip Glass / Brigitte Fontaine en concert », « passer une journée avec absolument tous les membres de ma famille », etc. Complétez la liste. Aucun d’entre nous ne répondrait : « enfin comprendre la théorie de la relativité restreinte », « connaître le sens de la vie », « savoir si les bouclistes sont plus proches de la vérité que les cordistes », « savoir si Darwin avait raison », ou « qui a tué JFK, finalement ? »
Alors que peut-être, avant de mourir, on voudrait simplement avoir le choix de notre mort, non pas en termes décisifs (« elle ou moi ? ») mais plutôt factuels : où, quand, comment.
Puisqu’il faut bien mourir, à défaut d’avoir bien vécu – et pourquoi mourir, quand on ne sais pas si on a vécu ?
J*
03/08/2008Salut à toi, fouleUn ptit mot pour vous avertir, lecteurs, que je répondrais bientôt – personnellement et ensuite, après sélection, ici – dans les prochains jours. Allez, disons que ce sera fait d'ici dimanche prochain... Il vous reste donc une semaine pour envoyer de nouvelles questions.
Bon dimanche,
J* 01/07/2008*la* question*La* question
Bon, je ne vais pas avoir grand chose à dire dans les prochaines semaines parce qu’il faut que je boucle mon mémoire (forcément, je viens de trouver un nouveau bouquin sur Merleau-Ponty donc ma troisième partie n’en finit pas d’augmenter).
Cependant, lecteurs, lectrices, camarades virtuels, poutres et tomates confites (oui, j’avais envie), j’ai eu une idée pour vous occuper.
Vous allez me poser une ou plusieurs questions par mail (walter.malldwight@gmail.com), auxquelles je répondrai (de façon plus ou moins étoffée, selon ma sensibilité du moment) personnellement. D’ici trois semaines, un mois, je sélectionnerai un certain nombre de questions (et leurs réponses) que je publierai sous la forme d’un article sur ce blog mirifique.
Ces questions peuvent concerner mon avis sur une chose, mon sentiment sur une autre, ma vie, mon œuvre, mon cerveau, mon blog. Si vous avez des questions sur certaines allusions, élisions…, c’est le moment de les poser. (Par mail, donc, je le redis pour qu’on soit bien clair. Même de façon anonyme, hein ! je suis pas des RG, l’important dans cette histoire ce sont les questions ^^).
C’est qui ton héros préféré ?
Quel chef opérateur ont en commun Rohmer et Truffaut ?
Quand est-ce que tu retournes à Rome ?
Et ton mémoire, ça parle de quoi ?
C’est vrai que tu lis toujours Mickey Parade ?
Pourquoi on n’a pas eu de chronique sur le mariage de ta sœur ?
C’est vrai que Philip Glass est scientologue ? Et bouddhiste ?
Sinon, comme tu trouves ma robe ?
T’as combien de paires de lunettes ?
En vrai, t’as quel âge et tu pèses combien ?
…
Voilà quelques exemples.
Je vous attends.
Bon juillet,
Sincerely yours
J*
03/06/2008Attention c'est long, très longC'était la tournure d'un mail d'Annabelle il y a quelques mois. Elle avait mis ainsi en objet : « Des nouvelles de Madagascar attention c'est long, très long. » Ca m'avait plu, donc je reprends ce titre pour intituler la consternante succession de digressions qui va suivre.
On m'a dit récemment (et on se reconnaîtra) quelque chose de vaguement désagréable comme « t'écris plus trop sur ton blog », genre, « qu'est-ce que tu branles ?... » (oh ça va, j'écris comme je parle et je parle comme j'écris, alors permettez-moi cette tournure un brin familière).
Eh bien je vais tout vous raconter, et je conclurai par un trait de suspense. Quelque chose d'énorme se profile à l'horizon, et vous allez voir que c'est à prendre au pied de la lettre.
Alors quoi ?
Ces dernières semaines furent chargées, en terme d'examens notamment.
Histoire de l'art moderne : « décrivez la méthodologie de recherche que vous avez employée pour votre mémoire », quelque chose comme ça. Sujet facile, à deux précisions près : d'abord, la matière est enseignée par mon directeur de mémoire ; ensuite, c'est ledit directeur qui m'a, deux heures avant l'examen, démoli au sujet de ladite méthodologie dudit mémoire de moi (appréciez toutes ces allitérations). Donc bon. Difficile de trouver le juste milieu entre « ma méthodologie elle déchire » et « je suis une sous-crotte qui ne mérite pas même votre condescendance, ô Maître aimé, bouhouhou, détestez-moi ». Battre sa coulpe ou camper sur ses positions ?... Je campe peu (nan mais vous me voyez sous une tente ? – ok, pas drôle) et, avec le temps, j'ai appris à écouter les conseils et avis des autres sans (toujours) les prendre pour des agressions à l'encontre de mon délicieux être. Donc, j'ai modérément battu ma coulpe (ouch !) tout en faisant valoir le bien-fondé, fatalement candide, de ma « méthodologie », qui a consisté à lire des livres, prendre des notes et observer les tableaux que j'étudie. (Sisi, on appelle cela une « méthodologie ».)
Histoire de l'art contemporain : mes camarades msn se rappellent probablement des messages récurrents au sujet du postmodernisme (« Occupé – révise son postmodernisme, toute aide bienvenue », « parti manger – Jameson wants me dead », etc.). Et paf, sujet du partiel : « peut-on (ou doit-on, chai plus) parler d'un ou de plusieurs postmodernismes ? A l'aide d'exemples, etc., défendez votre idée, etc., etc. ».
Le postmodernisme, ou comment opposer Habermas et Lyotard (on comprend), connecter Philip Glass à Battles (mais siiiii), regretter « feu Rauschenberg » (sic) et conclure sur les collages de Schwitters.
Je vous tiendrai au courant de mes notes, pour rire.
L'Anglais et l'Italien ça compte pas, c'est juste du blabla. Même si, cela dit, j'ai passé le CLES 2 d'Italien hier (CLES pour Certificat de Langues d'Etudes Supérieures, quelque chose comme ça). D'ailleurs il y avait parmi les autres candidats un prénommé Kiriakos (j'innove pour l'orthographe, je ne l'ai pas vu écrit), duquel je me suis gentiment moqué, auquel j'ai d'une façon (malgré moi) fort déplaisante expliqué que son équivalent français était Cyriaque, et qui m'a remis un peu plus tard à ma place en m'expliquant qu'il parlait six langues. Dont le Grec, évidemment. Le lecteur attentif avait deviné. (Ouch, bis.)
Et donc c'est tout, vous dites-vous ? Eh bien, pas exactement. Je pourrais aussi vous raconter que j'ai tenté pour la troisième fois d'aller voir Louise Bourgeois à Beaubourg mais que j'ai du m'asseoir dessus (sur la tentative, pas sur Louise Bourgeois ou Beaubourg) puisque le Centre Pompidou avait été envahi par la CGT qui y avait établi son QG. Enfoirés de syndicalistes. (Oooh ça va, je taquine.) Non aux 35 heures ! la retraite à 65 ans !... (Oui, je taquine toujours.) Le même jour j'ai tenté le Louvre pour enfin voir l'expo Baccio Bandinelli, qui finissait, et j'ai trouvé dans sa librairie non pas les deux livres épuisés que m'avait recommandés mon prof mais une traduction du journal de Pontormo, peintre que j'affectionne, notamment connu pour sa Déposition de Croix... sans croix (chapelle Capponi, santa Felicità, Florence, 1525), et désormais respecté pour d'édifiantes déclarations telles que : « Jeudi matin j'ai chié deux étrons non liquides et dans ce qui en sortait c'était comme de longues mèches de coton, c'est à dire du gras blanc. » Ah, l'art ! Prout.
Sinon dans le Têtu de juin, que j'ai acheté pour rire (j'aime aussi me coincer les doigts dans une porte), on trouve une critique du film Chronique d'un scandale (Notes on a scandal) qui conclut par : « Cate Blanchett et Judi Dench sont extraordinaires dans ce drame psychologique à la fébrilité absolue ». Il faut dire que Judi Dench nous a habitués à son rôle récurrent de mère Fouettard dans les derniers James Bond, toujours prête à lui en coller une ou à se laisser tenter par les raisonnements oiseux dudit 007 (qu'il s'agisse de Brosnan ou de Craig), autant qu'elle nous a étonnés en restauratrice de fresques dans Un thé avec Musollini... Mussolinni... Bordel, M-u-s-s-o-l-i-n-i, j'y arrive, qui donne d'ailleurs la réplique à Cher, actrice toujours impeccable dont on rêve un jour de reprendre les répliques (« Champagne's on me ! » (qu'on peut traduire par « J'offre une tournée générale de champagne ! » et non pas « j'ai du champagne sur moi ! », qui fait plus cochonne qui sait pas boire que riche américaine classieuse)) à défaut de pouvoir un jour entrer dans ses costumes de scène (pas assez de hauteur de plafond chez moi, en ce qui me concerne). (Dieu que cette phrase était longue.)
Donc oui, tout ça pour dire que Judi Dench est absolument impeccable en prof autoritaire et manipulatrice, autant que Cate Blanchett en séductrice naïve et dépassée. (Et qui est navrante dans son rôle de méchante dans le dernier Indiana Jones, mais que voulez-vous, on ne peut pas être bon partout. Ah si, Nicole Kidman peut.)
Ou plutôt Nicole Kidman pouvait. Nicole Kidman était mieux avant, comme beaucoup de gens. J'ai acheté le livre de photos de Mario Testino que Taschen a sorti il y a quelques temps, et bon nombres d'entre elles sont une ode au « c'était mieux avant ». Nicole Kidman, « elle était mieux avant de se faire greffer des Francfort au dessus et au dessous des lèvres. » Lindsay Lohan, « elle était mieux avant de ressembler à un canot pneumatique. » Donatella, « elle était... euh... Moins pire avant de ressembler à un brise-glace. » (Non vraiment à ce stade-là, on n'appelle plus cela une bouche. Ca me rappelle le conseil que donne un jour Minnie Driver à Patsy Stone dans Ab Fab lorsque cette dernière se remplit les lèvres de Botox : « règle n°1 : la bouche est toujours moins grosse que le visage », quelque chose dans ce genre.)
Heath Ledger, « il était mieux avant de mourir. » (Il doit faire une drôle de bobine, maintenant.) Kirsten Dunst, « elle était mieux avant qu'on lui donne des vrais rôles. » (Oui parce que j'informe les fans que Kirsten Dunst est une mauvaise actrice. Non non, même pas passable. Mauvaise. Vous l'avez vue dans Spider-Man 3 ? Quoi, c'est un rôle de courge ? Gwyneth Paltrow aussi, elle a un rôle de courge dans un film de super héros, j'ai nommé Iron Man. Et elle s'en sort bien. Dunst, à part montrer les dents... Oh j'imagine bien les prises de vue : « Ok Kirsten maintenant tu essaies d'avoir l'air triste... Non, triste, pas inquiétante. Et rentre les dents, sinon je te fais limer tout ça. » Ok, j'exagère. Kirstun Dunst sans les dents, c'est comme un doberman avec les oreilles et la queue intactes : ça fait moins peur quand c'est à l'arrêt. Même en photo, elle a l'air chiante. Sauf quand c'est LaChapelle qui shoote.)
Madonna, « elle était mieux avant de se faire rajouter des pommettes. »
Il y a aussi une photo bizarre de Gael Garcia Bernal. Il a l'air méchant et semble tenir un couteau à cran d'arrêt, dont on ne sait pas trop s'il s'en sert de peigne ou de téléphone. « Allô, tu m'entends ? ça coupe... » (Pardon.) (Tiens, Jtf lui a loué une voiture tout récemment, ce qui fait que si je soudoie Jtf, je peux avoir son adresse et son numéro, au Bernal. Mais je braie pas un mot d'Espagnol, je serais bien embêté s'il me demandait d'arrêter d'appeler ou sinon il prévient la police.)
Donc oui, je parlais de cet excellent film avec Cate Blanchett et Judi Dench, d'autant plus excellent que c'est Philip Glass qui en a signé la musique.
Voilà.
Sinon je vous situe l'action : je suis dans le train qui me reconduit à Lyon, je viens de passer l'après-midi avec Minimounette à faire des choses aussi essentielles que regarder les questions au Gouvernement sur Itélé, chercher un sac isotherme sur lequel n'est pas écrit Picard ou Champion (et nous l'avons trouvé aux Galeries, ouais snob, je sais, pardon Mum) pour conserver mes raviolis chinois congelés, tester les encens de Nature et Découvertes. Il y en un qui sent le bordel. Cette lourde odeur qui imprègne les coussins moches d'endroits douteux. « Senteur bar à putes – Laissez-vous porter par cette entêtante évocation de souvenirs de célibat lointain, mélange de tabac tiède et de cette étrange eau de toilette que portait Candice, qui était en fait de l'aftershave parce que Candice était un monsieur. Ampoule rouge et abat-jour à frange pailletée non fournis », pourrait-on lire. (Les explications sur les encens Nature et Découvertes sont toujours d'une poésie de ce genre.)
Il y a trois personnes en première. La clim' doit être réglée à 18 ou 20°, donc on a plus l'impression d'être au Musée du Luxembourg que dans un train en juin. (Oui, il fait toujours un froid polaire dans ledit Musée ; ceux qui ont vu Arcimboldo (ou Lalique moins récemment) savent de quoi je veux parler. Quoi, Vlaminck ? Nan, j'irai pas, j'irai pas ! J'fais ce que je veux.) J'écoute la BO de Blanc dans Noir et Kajiura Muki minaude des japonaiseries. (Youli-chan, si tu me lis...) Je bois de l'Evian payée une demi-fortune au Relay avant de partir et ça me donne envie de faire pipi. (Lecteur, tu as le droit de savoir.)
Il est 20h.05, je suis officiellement passé dans la tranche horaire gratuite de mon forfait Neo... A l'heure où les grands fauves vont boire (c'est qui qui a écrit ça, déjà ?) je vais ennuyer d'autres gens par d'autre medium.
Bien à toi, ami lecteur soulagé.
J*
P.-Sc. : ah oui, je parlais d'une énorme nouvelle. Ma soeur se marie la semaine prochaine. Je vous raconterai tout cela, bien évidemment sans omettre aucun des abominables détails, avec force photos gênantes et histoires de famille drôles, touchantes et pathétiques.
Oui, je sais que tu lis mon blog, frangine. Ce post-scriptum tient lieu d'avertissement.
Mais bon, il y a une piscine à l'hôtel.
Dans l'hôtel. 28/05/2008She's on the radio...chantait Poni Hoax il y a des siècles.
J'écoutais distraitement Inter en faisant mon lit, et elle s'est mise à pleurer. C'était vers 9h.20, dans la très courte mais excellente émission de Vincent Josse, Esprit critique. Ca parlait de marionnettes, et moi les marionnettes, je m'en bats l'oeil, comme dit la Reine-Mère (mon autre grand-mère, moins citée que Mamie Porto).
Et puis elle s'est mise à pleurer, au sujet de Christine Fersen, qu'elle avait rencontrée, qu'elle « croisait ». Elle a appris son décès avec « émotion » – et elle a essayé d'étouffer ses sanglots tandis que le journaliste rattrapait le coup ; puis elle s'est remise à parler de ces saloperies de marionnettes, dont définitivement on se bat l'oeil.
Madame, je ne vous connais pas, mais je vous bise bien amicalement, si vous me permettez cet abominable moment d'épanchement sentimental dont je suis si peu coutumier.
Et si aujourd'hui, si on arrêtait les marionnettes ? On va se promener entre les gouttes, boire un café trop cher, ratatinés sur une terrasse avec des gens qui parlent fort de leur souci quotidien, entre le prix de la baguette et le supérieur tyrannique.
En rentrant on cherchera qui est Christine Fersen et on pensera à la dame aux marionnettes qui a pleuré pour elle, en direct, à la radio.
J* 24/05/2008RECHERCHE URGEMMENTLes livres suivants :
Louis Marin, "Détruire la peinture", paru chez Champs/Flammarion
(Il reparaît en septembre 2008 mais j'aurai rendu mon mémoire d'ici là. Si quelqu'un pouvait me le prêter, ou me l'échanger contre le même, mais neuf, dès qu'il paraît, je suis preneur.)
et
Françoise Bardon, "Caravage ou l'expérience de la matière"
(A n'importe quel prix.)
Avec moult remerciements,
J* 15/05/2008Aix-en-ProvencePour cause de concours administratif, recherche bonne âme pour m'héberger une nuit fin mai (date à préciser, probablement 28 ou 29).
Etudie toute proposition.
J*  |