J'écoute : Des choses de Glass que je ne connaissais pas, ce qui effectivement est un fait rare.
Je regarde : droit devant moi.
Je lis : Arasse et Rilke.
Je joue : ma tête, bientôt.
Je mange : équilibré, j'essaie.
Je bois : que des grands crus, madame. Et toujours du thé.
Je cite : "Les anges sont la clause résolutoire des contrats divins." ~Moi.
Je pense : trop.
Je rêve : que je me marie avec L. et J., tous les trois ensemble.
(mis à jour samedi 28 juin 2008 à 16:00)

01/12/2007

01/12/07 - 19:06

Cronaca romana – « L’hiver ne passera pas »

Les Romains ne savent pas quoi penser du temps qu’il fait au-dessus de leur ville ; certains en profitent, d’autres se contentent de s’interroger.

En nous promenant un moment, après être sortis de la Galerie Borghese, Nino s’est inquiété des feuilles mortes qui encombraient les caniveaux. « L’automne n’en finit pas. C’est triste », m’a-t-il déclaré (lui, le Sicilien, attend l’hiver alors qu’il se plaint dès que les températures sont inférieures à 17°).

Nino n’a pas changé. Il a toujours cette incroyable facilité à m’exaspérer en moins de cinq minutes, simplement parce qu’il a décidé de ne pas être d’accord ou pire, de ne pas comprendre, renvoyant d’un froncement de sourcil la faute à ma nationalité. « Voi, Francesi… ».

Nino est toujours beau. « Tu as grandi », a-t-il plaisanté en me voyant.



Rome, elle, a changé ; évidemment : on ne l’appelle pas la Ville éternelle pour rien, c’est une perpétuelle transformation. Rome a changé mais j’ai retrouvé dans les nefs de certaines églises, dans les salles encombrées de certains musées, des cierges qui avaient cessé de brûler, des tableaux recouverts d’un peu plus de poussière. Des souvenirs qui m’attendaient, propres et distincts, prêts à être convoqués, avec la crainte pour eux, et l’espoir pour moi, d’être effacés, complétés par de nouveaux. Comme je l’ai expliqué à V.-A., en retournant à l’Ecole française, « ce qui me dérange le plus, c’est de compter mon temps. Je vais réussir à faire tout ce que je me suis fixé, à voir les gens que je voulais voir, mais avec toujours en tête que mon temps est compté. Et ça, à Rome, je n’ai pas l’habitude. »

J’ai dîné mardi soir dans un bar près du Colisée où j’avais mes habitudes, m’étonnant qu’il y ait encore des tables dehors.

« Oh oui, on les enlève à la fin de l’été.

-Mais, l’été est fini.

-…Oui mais bon, il ne fait pas encore trop froid le soir. »



Même l’encart météo de Metro avertissait que l’hiver ne passerait pas, pas avec ces températures. Dimanche il a fait moche et plus trois gouttes, oui, mais le ciel s’est vite dégagé pour laisser place au soleil. J’ai troqué mon grand manteau noir pour une veste, le cachemire pour le coton, j’ai laissé tombé l’écharpe et j’ai remis mes lunettes de soleil de demi-saison, que fort heureusement je n’avais pas oubliées, me fondant ainsi presque dans la masse de ces ragazzi qui sont pour ainsi dire nés avec, probablement prêts à se faire tatouer Gucci, Prada ou D&G sur la tempe ou en bas du dos, pour avoir toujours l’impression de porter des lunettes ou un caleçon de leur couturier préféré.



En cherchant un peu, on trouve toujours le capuccino à 90 centimes, et les lasagnes à 5€. Et ça, ça fait plaisir, surtout quand on investit un gros morceau de son budget en livres (vous me connaissez…) qu’on ne trouve qu’ici, qui sont nouveaux et dont on a forcément besoin (en faisant un mémoire sur Caravage, c’est bien la moindre des choses que d’avoir une bibliographie bilingue). En revanche, tout le reste est toujours hors de prix : gants Emporio Armani : 105 € ; porte-clés Ferragamo : 80 € ; pull Missoni : 330 €. Bref, du grand n’importe quoi, spécial Américains, qui n’ont pas encore vu que l’euro avait défoncé le dollar depuis longtemps.





J’ai vu Giusi qui poursuit ses études pour devenir avocat ; elle m’a fait promettre de la choisir quand je divorcerai. (Ce qui implique que je doive d’abord me marier avec une Italienne, et en Italie. J’en suis capable.) Elle m’a raconté ces dernières aventures avec Carmine, qu’elle a poussé à se remettre aux études ; les dernières aventures de Chiara, partie à Frosinone, les dernières aventures de Michela, partie à Parme avec Marco. « Tu vois, je suis la seule à rester là, moi. »

Il y a eu des nouveaux Français à la résidence, mais aucun de bien valable.

« Ce n’est plus pareil », a repris Giusi, me laissant songeur, ce qui lui fit dire : « Tu as encore ton air mélancolique. »

(Ca m’a rappelé un certain médecin, le Dr A…, qui m’avait un jour assené : « De toute façon, vous resterez toujours profondément mélancolique. »)

Et elle a repris : « tu as grossi, ça te va bien », et puis elle s’est montrée déçue en voyant que mes cheveux étaient plus longs que les siens. La jalouse.

Nino m’a également déclaré, sur le ton de la confidence, qu’il ne faisait plus un certain nombres de choses « depuis que ». Depuis que je suis parti, depuis que Mikael est parti, depuis que son frère est arrivé à Rome pour étudier aussi. Depuis qu’il a eu vingt ans.



Je suis parti sur les traces de Caravage, allant d’église en église, de musée en musée. S’il n’y avait pas un chat au Palazzo Barberini et à la Galerie Pamphili (en même temps, faire l’ouverture, ça aide), San Luigi, Sant Agostino, …, et les autres, étaient bondées. J’ai râlés contre les gens qui prenaient des photos avec le flash, un peu plus tard j’ai pesté contre l’attente à la caisse du GS – fallait bien que je fasse le plein de parmesan – et là c’était bon, c’était officiel, j’étais Romain à nouveau, je le sentais. Les mots qui me venaient étaient italiens, mes préoccupations redevenaient profondément locales (où aller ce soir, avec qui ? Quoi faire ?... sans se demander pourquoi, juste pour être ici).





J’ai fait quelques photos en m’interdisant de faire un album de vacances, parce que des photos de Rome, j’en ai des milliers (ce qui explique que dans l’album photos, on trouve des intérieurs d’église sans avoir vu la façade, ce qui est couramment ma façon de procéder quand je présente de nouvelles choses). Comme je prépare également une conférence pour février, je me suis organisé un grand tour de ce que j’avais l’intention de montrer à mes commanditaires (j’en reparlerai en février). Ça fait toujours une drôle d’impression de repasser à l’argentique (oui, pour faire des diapos). Je suis passé à San Carlino, a Santa Maria Maggiore, j’ai marché dans une crotte de chien, je suis remonté au Vatican pour poster quelques cartes postales ; j’ai remonté le lungotevere pour aller à l’Ara pacis, puis SS. Carlo e Ambrogio, etc, etc… Des kilomètres dans les pattes.





Avec un souvenir d’impression la première fois que je suis parti de Rome, et cette impression persistante et renouvelée en montant dans l’avion : Rome, ce n’est pas fini pour moi.



J*

Album photo : http://waltermalldwight.hautetfort.com/album/novembre/

commentaires

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Baaaajour ! tu es le ème visiteur (depuis le 28.XI.04). Ca te fait quel effet ?

WiSHLiST !

 

Vous êtes fermement décidé(e) à me faire un cadot mais vous n'avez pas d'idée ?

En voici quelques unes. Des produits de consommation qui, du fait de la consommation susdite, s'épuisent, et dont je dois régulièrement renouveller le stock.

Je précise, avant que vous tentiez de faire le détail de cette liste odieusement futile et matérialiste, que j'aime les dessins d'enfants et les colliers de nouilles.

Mais pas que.

Alors, pour ma tronche :

Ma crème de jour : la Total Turnaround Visible Skin Renewer de Clinique ; mon contour de l'oeil : le Daily Eye Hydrator de Clinique.

Pour mon touffion :

Mon shampoing : le Bain Satin 2 (ou 3) de Kérastase. Mon après-shampoing : le Lait Vital de Kérastase. mon masque : le Masquintense Cheveux épais de Kérastase. Mon produit coiffant : la Crème Nutri-Sculpt de Kérastase. (En vente seulement chez les coiffeurs ou sur internet.)

D'autres bricoles, hop : Liquid Face Wash Regular Strength, Clinique ; Scruffing Lotion 2.5, Clinique ; Gel Nettoyant Gommant, Sisley ; Gel Express aux Fleurs, Sisley ; UV-Response Face Cream SPF 50, Clinique.

Pour que mon être irradie sa senteur suave : n'importe quel parfum d'Armani (mais plutôt l'Acqua di Gio).

Pour confirmer ma mine toujours magnifiquement unifiée : 1 (numéro 2) ; 2 (pudre universelle libre - 30 naturel) ; 3 (beige moyen).

Voilà, ça, déjà, c'est bien. Sinon des fleurs ça me fait toujours très plaisir, ou une bouteille de pinard. Et si vous préférez m'offrir des livres, demandez-moi avant, parce que j'en ai beaucoup beaucoup et que j'aurai peut-être celui que vous pensiez m'offrir en exclusivité. Ah, si vraiment vous tenez à me faire une surprise, évitez les romans.

Pour les chemises ma taille c'est 39/40, selon la coupe. Pour les lunettes, la taille pare-brise.

D'autres idées ? ok... des cartouches pour ma carafe, oh et puis ça ça me ferait plaisir ; ça aussi ; ou ça ; oh et puis ça, là ; et puis de quoi réviser ma Renaissance : à 1 et 2 .

Voilà, je complèterai la liste au fil du temps... Si jamais ça marche !...